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Conférence de presse de CATSUOMATICDEATH – 06.07.2008
Date: 2008.10.08
 Conference 
Artiste:   CATSUOMATICDEATH  
 
Après leur performance au J.E Live House, nous retrouvons le trio CATSUOMATICDEATH en conférence de presse. La conférence se passe entièrement en anglais et c’est AceKay, le leader qui répond à la plupart des questions.


Quelles sont vos influences ?
Acekay : Il y a un style appelé enka au Japon. Nous essayons d’incorporer des éléments de musique occidentale dans nos chansons et notre interprétation. Si vous écoutez, ça sonne comme du rock américain, mais ça n’en est pas. Il y a une âme japonaise.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi avoir dit que vous n’aviez pas d’endroit où rester, vous êtes entre le Japon et l’Europe ?
Acekay : Ce sont des problèmes musicaux, politicaux et géographiques. Nous avons grandi au Japon, mais nous écoutions beaucoup de musique occidentale. Nous sommes dominés par les Etats-Unis. Nous parlons japonais, mangeons aussi Japonais, mais portons des vêtements occidentaux. Nous essayons de revenir à l’essence du Japon, mais cela nous fait bizarre. Dans quelle direction allons-nous ? Nous ouvrons-nous au monde occidental ou nous restons japonais ? Mais c’est quasi impossible, car il n’y a plus de Japon traditionnel. Le « nouveau » Japon est confus et nous aimons cette confusion. Notre esprit est devenu occidental, mais nos corps sont encore japonais. Pour conclure, Kyrie Eleison est un mot que j’ai appris au collège, un chant chrétien. C’était le premier pas vers la musique occidentale. Je me sens comme si il n’y avait plus de pays. J’ai besoin de l’aide de Dieu. Je priais le Dieu du Rock’n’Roll tous les jours.

Pensez-vous qu’il existe un Dieu du Rock’n’Roll ?
Acekay : Nous sommes des croyants de la Sainte Eglise du Rock’n’Roll. Nous risquons nos vies en venant ici, nous avons fait une tournée en Europe. Dormir dans des endroits jonchés de mégots, avec des débris de bouteilles. Nous sommes croyants, donc nous n’arrêtons jamais. Mais le show d’aujourd’hui était bien, nous avons eu un bon public. C’était fun.

Avez-vous eu du plaisir ?
Acekay : Oh oui. Je crois que j’en ai trop eu.

Sur votre site internet, vous citez beaucoup de philosophes dont Michel Foucault. Quelle place prennent-ils dans votre musique ?
Acekay : Bonne question. Dans un sens, tout ce que nous faisons à un sens politique. Nous ne faisons pas ça pour le fun. Nous essayons de faire quelque chose qui a du sens. Cela peut être des échanges culturels entre pays ou des échanges entre des gens qui comprennent notre musique. Je veux que les gens sachent qu’il n’y a pas de frontières. Je cite Michel Foucault parce qu’il est un peu comme nous. Il n’a pas de lieu où il est chez lui. Il était français et gay, et il était un ennemi de la France. Il n’appartenait à aucune société. Il combattait l’autorité alors qu’il faisait partie de l’autorité puiqu’il était professeur. J’ai lu se livres, même si je ne parle pas français, j’arrive à le lire.

Qu’est que « Age of Exploration » et qu’explorez-vous ?
Acekay : Bonne question. Nous sommes un groupe indie autoproduit et nous jouons dans le monde entier. Ce projet est aussi grand que la quête du nouveau monde de Christophe Colomb. Comme nous sommes un groupe autoproduit, nous faisons tout nous-mêmes et recevons aucun soutien. Nous vendons nous-mêmes nos produits, nous jouons à des festivals ou organisons nos propres tournées. Ceci est une exploration pour chacun. Si nous pouvons le faire, n’importe qui peut y arriver. Donc nous devons réussir, si nous échouons, cela signifie qu’aucun groupe ne peut avoir du succès en étant seul.

Pensez-vous devenir un exemple pour les autres groupes ?
Acekay : Oui, le monde extérieur est dur pour les groupes indies, et ils n’osent pas s’y aventurer seuls. Ils veulent de l’aide pour sortir comme les labels, les managers ou sponsors, mais nous n’avons pas besoin de cela. Nous pouvons aller où nous voulons, explorer le monde. C’est ce que signifie l’« Age of Exploration ». Des groupes doivent nous suivre en se demandant jusqu’où nous pouvons aller. Nous serons distribués par J-Music Distribution et Virgin (en septembre), c’est une bonne nouvelle pour les groupes indies. On peut y arriver, mais pour ça, il faut des membres biens parce que cela peut devenir très difficile. Par exemple, nous avions prévu des T-shirts et du merchandising, c’est ce qui nous fait vivre, mais tout est resté coincer à la douane. Les douaniers nous ont dit qu’il nous fallait des papiers officiels du gouvernement japonais prouvant que la marchandise provenait du Japon. Mais il faut six mois pour obtenir ces papiers. Donc après Japan Expo, nous aurons une période difficile mais nous continuerons et c’est ce qui nous rend plus fort.
Je respecte les autres musiciens qui ont le soutien d’un label ou de sponsors, mais nous voulons être notre propre chef, pouvoir prendre nos propres décisions. Pour le moment, ça marche ; nous sommes ici. Nos fans nous ont recommandé de venir ici, nous n’avons rien demandé et nous n’aurions jamais pensé venir ici. Nous ne sommes pas vraiment un groupe de Visual Kei. Même si nous portons ceci (Kimonos et chapeau haut de forme), nous sommes plus un groupe de rock.

Avez-vous été un groupe de Visual Kei ?
Acekay : Jamais, parce qu’au Japon nous n’avons jamais joué avec des groupes Visual Kei. Je crois que les groupes de VK sont plus jeunes que nous et ont un point de vue différent. Nous avons un message politique.

La différence vient-elle des messages de vos chansons ?
Acekay : Ce qui fait vraiment une différence, c’est que nous n’essayons pas de nous la jouer. Nous avons l’air stupide. Je n’aime pas les rock stars, les gens qui viennent sur scène et font des choses comme ça il prend des poses de rock star. Nous n’essayons pas de rester cool. Avez-vous vu nos trois CATSUO apprentis sur scène ? On a envie que cela continue encore et encore et nous, nous prenons une pause. Désolé je parle trop.

J’ai lu que vous avez créé le groupe alors que vous prépariez un Ph.D en littérature américaine et vous aimez la musique américain comme Iggy Pop. Pensez-vous que c’est la musique américaine qui vous a amené à la littérature ou vous avez commencé par littérature avant de vous intéresser à la musique ?
Acekay : Bonne question. Je pense qu’en tant que parolier qu’écrire des chansons ou étudier c’est la même chose. Disons que vous êtes professeur, vous étudiez en copiant et lorsque vous y êtes habitué, vous pouvez enseigner. Vous êtes de plus en plus confiant et vous faites votre propre travail. Avec la musique, c’est plus facile de transmettre notre énergie. Ce n’est pas académique, mais vous avez en plus l’électricité et le rythme.

Quelles influences ont les changements fréquents de line-up ?
Acekay : Je n’ai jamais essayé de choisir les membres, ce sont des amis qui viennent jouer dans mon groupe. Par exemple, Yuka joue avec moi depuis vingt mois. C’est celle qui a tenu le plus longtemps. Nous avons beaucoup d’amis, comme X Japan. Nous venons tout juste de discuter avec PATA et michiaki. Leur groupe aussi a des membres qui partent et qui arrivent. Si nous jouions de la musique juste pour le fun, je pourrais avoir n’importe qui. Mais je demande beaucoup à mes membres. Je trouve souvent des musiciens qui veulent une vie dédiée à la musique, mais lorsqu’ils doivent risquer leur vie pour jouer, ils refusent car cela leur semble trop dangereux. Et moi, je les encourage, ils n’ont rien à perdre. S’ils ne le font pas maintenant ils le regretteront. Pour en revenir à Yuka, elle est probablement le meilleur batteur féminin du Japon. Je suis très chanceux de l’avoir. Et Yuzo, il est un bassiste qui joue surtout de la dance music et sa ligne est plutôt une mixture comme les Chemical Borthers et Stone Roses. Ils ont eu des expériences différentes. Yuka a joué avec Shiina Ringo. Je crois que ça lui plaisait de faire des tournées nationales et passer à la télé, mais maintenant elle ne le fait plus. Elle était aussi membre d’un groupe de dance metal. J’étais leur fan en fait et c’est comme ça que je l’ai connue. J’ai été vers elle et lui ai dit « Viens jouer avec moi ! » et elle l’a fait. J’ai beaucoup de respect.

Vous avez dit que vous en demandez beaucoup à vos membres. Est-ce la raison pour laquelle ils disent sur votre site web qu’ils vous détestent ?
Acekay : Oh oui, parce que j’en demande trop. « Nous allons enregistrer et puis nous partirons en France le mois prochain. Mais nous devons nous entraîner pour la scène pendant un mois. Ok ? » Et eux, ils sont abasourdis et je leur dis qui nous pouvons le faire. Ils sont qualifiés et très bons.

Lorsque le groupe a débuté, comment vous êtes-vous connus les uns les autres et comment avez-vous commencé ?
Acekay : En fait, nous nous connaissions tous par des amis. Nous n’avions jamais vraiment parlé. Nous nous connaissions comme musiciens, « celui-ci fait cela et lui ceci ». Tokyo est une petite ville, mais il y plus de huit milles groupes, mais très peu sont sous le feu des projecteurs. Yuka était très douée donc je la connaissais avant même que je connaisse ses amis. Elle jouait pour un groupe appelé DMBQ. C’était un groupe psychédélique de Tokyo. Je l’admirais et nous avions joué ensemble une fois. Je lui ai demandé si elle voulait jouer avec moi et elle a dit oui. Je pense qu’ils me testent beaucoup de toutes sortes de façon. Je leur donne des fausses réponses, je les induis en erreur, mais à la fin j’essaie de joindre les deux bouts. Maintenant ils sont tous convaincus, mais ils veulent tous partir. Yuzo veut partir le plus vite possible. Rires Il est en train de chercher une façon de nous laisser mais il n’a pas encore trouvé. Yuka lui parle dans l’oreille. Yuka aussi veut s’en aller. Elle cherche un moyen de quitter le groupe, mais elle n’a pas encore de piste.

Yuka, vous avez joué dans beaucoup de groupes avec différents styles, comment vous êtes-vous adaptée avec CATSUO ?
Acekay traduit la question en japonais et sert d’interprète.
Yuka : Je n’étais pas intéressée par le rock. Mon style de rock est celui du vieux rock’n’roll et son style de rock était différent. J’ai cherché des repères et inventé une nouvelle méthode. Le style de CATSUOMATICDEATH se trouve être comme ça. Mais ce n’est pas mon style. Je n’avais jamais pensé faire du hard rock ou rock. C’est ce qu’il veut et je fais de mon mieux. Chaque fois que nous avons un nouveau bassiste (nous en avons eu cinq en vingt mois), je dois changer les accentuations dans mon style.
Acekay : Et jusqu’à présent, elle le fait bien. Ce n’est pas son style originel.

Vous avez dit qu’en tant que groupe indie vous étiez libres des contrats et des problèmes financiers. Alors quel est votre position sur le téléchargement ?
Acekay : Nous essayons d’atteindre des gens qui aime notre musique et pas n’importe qui. Je me fous d’avoir un large public. Je cherche des gens qui veulent vraiment de ma musique. Nous allons être distribué digitalement par J-Music Distribution d’abord, puis par Virgin Megastore. Mais je ne sais pas quand les CDs seront vendus matériellement. Cela prendra du temps. Nous sommes des manufacturiers, nous sommes un label. Nous avons du plaisir à faire ça. Nous créons, nous ne sommes pas des businessmen. On aime faire les choses, je pense que c’est typiquement japonais. Les choses ont une âme, cela vient du Shintoïsme. Par exemple : « Quel mignon appareil, c’est ma fille ! » en prenant l’appareil photo devant lui. J’aime ce genre de choses. Nous avons la même attitude dans notre label. Par exemple, la nuit dernière, nous avons emballé des CD jusqu’à six heures du matin. Ca fait partie du fun. Nous avons tous eu des expériences dans des labels, avoir des managers et tout l’argent part en fumée. Nous finissons par ne plus pouvoir jouer de la musique. Ils sont comme « Travailler pour nous pendant trois mois, vous deviendrez célèbres, mais vous ne serez pas payés. » Nous avons besoin de jouer de la musique chaque jour et nous ne pouvions pas le faire. Nous devons nous gouverner nous-mêmes. Nous essayons d’avoir du plaisir en faisant nos propres CD. J’ai même dessiné le poster dans le boitier CD. J’ai des amis qui nous aident parfois, mais cette fois pour Japan Expo, j’avais beaucoup d’intérêts. Je voulais amuser les gens, donc j’ai dessiné quelque chose. J’ai même utilisé une machine à écrire et écrit à la main les crédits. C’est très anachronique mais dans le temps, cela se faisait comme ça.

Je suppose que vous devez avoir des jobs pour subvenir à vos besoins ?
Acekay : Nous faisons de la musique. Yuzo travaille pour d’autres groupes. Il joue de la basse pour beaucoup de musiciens. Yuka joue de la batterie pour plusieurs chanteurs, l’autre groupe, Metalchicks et pour nous. Nous sommes tous des professionnels. Nous gagnons de l’argent. J’ai aussi des projets annexes : j’enseigne au collège. J’ai enseigné à l’Université de Tokyo et maintenant j’enseigne dans des institutions privées. C’est un de mes projets intéressants. Mais je préfère être sur scène et partager ma passion pour la musique. J’ai mis beaucoup d’énergie ici, et pour venir ici, je leur ai dit « Je vais donner des cours en Europe, les classes sont annulées jusqu’en juillet ». J’enseigne la littérature américaine et l’anglais.

Quel est votre auteur favori ?
Acekay : Il y a beaucoup d’écrivains, mais une personne… J’aime Bret Easton Ellis, l’auteur de American Psycho. Il est très superficiel, mais c’est très profond. Il sait bien faire miroiter et cacher les parties importantes. Il y a beaucoup de mystère. On ne peut pas dire s’il est stupide ou doué.

Vous avez dit prendre votre inspiration dans les différentes cultures, mais avez-vous déjà imaginé être une source d’inspiration pour les autres groupes ?
Acekay : Je ne pense pas, je veux dire que ce que nous faisons est différent à 99,99% de ce que font les autres groupe. La plupart des groupes recherchent des majors, des contrats, et veulent devenir des héros. Nous sommes des sortes d’antihéros. Nous sommes différents. Il y avait un groupe qui reprenait nos chansons lors d’un festival et je les ai entendus à la radio ou quelqu’un m’a donné leur cassette, mais j’ai oublié. Il y avait une fille qui chantait Charlie VS Sammy. C’était mignon. Un jour, je les prendrai comme première partie ou peut-être ils seront la tête d’affiche et nous reprendrons leurs chansons. N’est-ce pas drôle ? Mais en fait, il y a un groupe appelé Ra :IN. Nous avons parlé avec Michiaki et Pata il y a une heure. Nous pourrions faire une tournée en Europe avec eux. Nous étions proches au Japon et avons joué des concerts ensemble. Nous nous sommes croisés et avons dit : « Oh que faites-vous ici ? » C’est une nouvelle toute fraîche.

Qui sont Charlie et Sammy ?
Acekay : Oh bonne question. J’ai écrit les paroles lorsque la Corée du Nord a envoyé un missile au-dessus du Japon et Bush contestait Kim Jong-Il. Bush et Kim Jong-Ils se battaient mais c’est notre problème. Bush voulait déclarer la guerre and Kim Jong-Il a riposté : « Je vais attaquer les USA avec les missiles russes, blabla… ». Ils se battaient entre eux. Cela ressemblait au Vietnam. J’ai lu beaucoup de livre sur le Vietnam. Au Vietnam, Charlie est Ho-Chi-Minh et Sammy était le président américain. Mes chansons sont un peu euphémiques. Il semble y avoir un sens mais j’essaie de ne jamais écrire ce que je veux dire. Je le dis d’une façon différente.

Ne pensez-vous pas que la langue japonaise, plus que l’anglais, peut exprimer plus de choses et de métaphores avec un mot ?
Acekay : Ouais, mais…je pense que le japonais est une langue très vieille et ne se marie pas avec le rythme du rock’n’roll. Il n’y a pas de rythme. Le rythme en japonais doit être de 5-7-5-5 (il explique avec des tatata). Je n’aime pas le rythme en japonais, mais si je dois écrire pour les Japonais, j’écrirais en japonais. Ce sera alors de l’enka.

Sur votre site web, vous dites que demain (7 juillet) vous êtes libres pour une fêtes et que vous apporterez le gâteau. Quel goût le gâteau ?
Rires
Acekay : Nous volerons autant de gâteaux aux chocolat de la salle arrière et les donner aux personnes qui nous inviterons. Si vous voulez un super cadeau s’anniversaire, appelez-nous. Nous aimons les jobs et projets non-commerciaux.



Nous aimerions remercier Japan Expo et CATSUOMTICDEATH pour cette conférence.

Photo © Nippon Project
auteur: mikki
dernière mise à jour: 2009-10-27