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Compte-rendu de Japan Expo Sud 3ème Vague
Date: 2011.04.06
 Convention 
Artiste:   Galaxy7   Head Phones President   Tar0&Jir0  
Date of Convention: 2011.02.26
Du 25 au 27 Février dernier se tenait pour la troisième année consécutive l'événement Japan Expo Sud. L'équipe de Nippon Project était présente sur le terrain le samedi et le dimanche. Voici donc le compte-rendu de ces deux jours de convention.

~ Samedi 26 Février ~

C'est la première fois que nous assistons à la convention, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est bien différente de notre Japan Expo Parisienne. Point de séparation pour les showcases et les cosplay : une seule et unique salle constitue la Scène Principale, réunissant les deux catégories. Une salle, qui plus est, fort éclairée naturellement – les fenêtres sont dépourvues de rideaux, toute ambiance calfeutrée devient donc dérisoire – et dont les barrières savamment agencées le long de la scène rendent impossible toute déambulation pour les photographes. Mis à part cela, Japan Expo Sud s'étale sur un unique hall assez bien organisé, bien que les allées bordées d'exposants soient toujours aussi bondées de monde. L'espace de l'entrée Pass Premium est saturé, tandis que le fond du hangar dispose de larges espaces vides pour respirer. Cette répartition peu hétérogène est à l'image de sa jumelle nordiste, bien que l'étendue n'en soit pas comparable. On retrouve également les fameuses salles de dédicace, ainsi qu'un espace conférence. Bref, au final : Japan Expo bis, en plus petit, donc plus concentré.

Le public qui la fréquente est sensiblement égal à celui que l'on croise à Villepinte. Les jeunes adolescents ultra-lookés flânant aux côtés de leurs amis côtoient les fans de jeux vidéos, qui eux-même se mélangent aux mères de famille guidant leurs progénitures accro' aux mangas. Un joyeux mélange hétéroclite, qui se retrouve pèle-mêle aux heures des showcases.

En parlant de showcases, justement... Le premier d'aujourd'hui est prévu pour 12h15, et c'est Galaxy7 qui ouvre le bal. Constitué de Daisuke Tsutsui, à l'origine seul instigateur de ce projet solo, le concept compte également Tatsuya Takahashi (basse) et Ysakxxx (guitare) en tant que membres de session. Pour la convention, Daisuke n'est venu qu'avec Tatsuya. C'est donc ensemble, et légèrement en avance, qu'ils débutent leur prestation sur la scène de Japan Expo Sud.

L'on commence sur King cobra, pour bien se mettre dans l'ambiance. On constate d'emblée, au grand désarrois des artistes, une qualité sonore moyenne, et un léger bug technique. On entend pas très bien la voix et la basse, mais le soucis est réglé en un tournemain par les musiciens eux-même. La guitare, légèrement trop forte, est atténuée, et le show peut continuer sur de meilleures bases. On enchaîne alors avec Cheese shocking, morceau à la fin duquel Daisuke en profite pour s'adresser au public en anglais. Il nous rappelle que la dernière fois qu'il est venu, c'était en avril dernier, et il précise que l'auditoire était super, qu'à présent il est fou du public français. Quelques timides cris d'encouragements saluent sa remarque, avant qu'il ne poursuive avec The piece of capsule, histoire de nous réveiller un peu. C'est précisément sur ce titre, malgré son rôle de guitariste, qu'il parvient à glisser quelques pas de danse, et que son déhanchement nous fait fortement penser à celui de Hyde (Ndlr : chanteur de l'Arc~en~ciel et VAMPS). Nous retenons un sourire, sur cette évidente constatation. Le public, quant à lui, semble toujours aussi timide et réservé. Le peu de mains qui se lèvent attestent de son statut de novice – ou de simples curieux égarés venus voir « ce que c'était ». Tant bien que mal, Daisuke garde son sourire et son énergie, tout dévoué qu'il est à sa tâche. Il invite les gens à danser avec lui, mais très peu répondent favorablement. L'instant énergique achevé, le titre suivant nous replonge dans un calme relatif. The day before I sleep constitue l'occasion d'écouter tranquillement la musique, et l'on dénote alors que les balances sont véritablement parfaites sur ce titre. Les musiciens sont enfin parvenus à un réglage adéquat, ce qui nous permet de pleinement profiter de la chanson. C'est alors que Numb, balade s'apparentant à un slow, vient parachever la quiétude de l'instant. On se retrouve transcendé par la mélodie, et on ne peut s'empêcher de balancer doucement nos corps de droite à gauche, suivant le rythme de la musique. La parenthèse intemporelle est alors troublée par From inside, qui redonne un coup de fouet à l'audience devenue molle, certains près à s'endormir. C'est également l'occasion pour Daisuke de nous présenter son bassiste, Tatsuya, qui est une personne très timide, d'après ses dires. Il explique qu'il est un très bon ami, qu'il l'accompagne partout où il va. Il ajoute qu'il a beaucoup de tatouages, qu'il peut donc paraître méchant, mais qu'il ne faut pas s'y fier : c'est un gars super sympa ! Ses déclarations provoquent de nombreux éclats de rire parmi le public, sans oublier la gêne du principal intéressé qui se cache derrière ses cheveux noirs. Le showcase s'achève ensuite sur Blackmetal, l'un des titres les plus appréciés, faisant parti de ceux agencés en clip vidéo. L'atmosphère semble enfin convenir, et les plus réticents à bouger se lâchent quelque peu. Daisuke remercie allègrement le public, une fois le morceau fini, et quitte la scène en adressant moult signes de mains.

Il est 13h00, et le prochain showcase est dans un quart d'heure. La majorité des personnes présentes pour Galaxy7 restent pour Head Phone President, et d'autres viennent s'y ajouter. Il est vrai que, comparé à HPP, Galaxy7 à une renommée moindre, ce qui explique l'augmentation du public pour la prestation suivante. Le groupe ne se fait d'ailleurs pas attendre très longtemps, et tout s'enchaîne selon un timing des plus appréciables. Nous faisons donc la connaissance des membres : Anza au chant, Hiro à la guitare, Narumi à la basse, et Batch à la batterie. La première impression qui se dégage, à la vue de l'entrée en scène de la chanteuse, se définie en un fort sentiment de puissance associé à une relative violence. L'artiste en a dans le coffre, et elle le fait savoir. Dès les premières minutes, le ton est donné, et plus rien ne semble pouvoir arrêter la tornade Head Phone. La jeune femme est bourrée d'énergie pure ; elle bouge énormément, occupant tout l'espace scénique. Les musiciens ne sont pas en reste eux non plus, et s'en donnent à cœur joie. Narumi s'amuse avec le public, le provoquant de part les expressions burlesques qu'il affiche sur ses traits, ainsi que ses nombreuses allées et venues. Anza déchaîne les passions, alternant sensibilité poignante et violence inconsidérée. Tel un pantin désarticulé, elle nous fait tantôt peur, tantôt rire. Elle paraît ressentir la musique comme personne, se muant selon ce qu'elle lui dicte de faire. Sa voix claire nous transporte dans un autre monde, l'espace d'une poignée de minutes, et c'est cela qui est bon. Consciente de l'effet produit sur son auditoire, elle en joue, telle une véritable maîtresse de scène. Elle ne se contente pas de chanter : elle vit ce qu'elle scande, n'hésitant pas à user de ses talents d'actrice pour nous émouvoir. Le spectacle est un réel délice, et constitue un intense moment de défoulement, autant pour les artistes que pour son public. Ce dernier les acclament d'ailleurs avec ferveur, en redemandant toujours plus. Mais même les meilleures choses ont une fin, et il est temps pour nous de quitter Head Phone pour aller retrouver Galaxy7 en interview. Pendant ce temps, le public à la possibilité d'assister au concours de cosplay, mais il lui faut d'abord quitter la salle le temps que le personnel installe les chaises.

A notre retour, le concours est terminé, et c'est au tour de Tar0&Jir0 de réveiller la salle somnolente. Ils entrent en scène pour effectuer les réglages préliminaires, puis chacun d'eux s'installe à la place qui lui revient. Bien que personne ne s'en soit rendu compte ou presque, leur prestation est sur le point de débuter. Les deux jeunes gens sont frères, et animés par la même passion de la musique. Ils jouent ensemble depuis qu'ils ont treize ans, et sont bien décidés à se faire connaître dans le monde entier. Ayant séjourné un an à Londres, ils sont quasiment bilingue, ce qui constitue un atout non négligeable, lorsque l'on sait à quel point les japonais ont du mal avec l'anglais. Leurs chansons d'ailleurs, sont pour la plupart écrites et interprétées dans la langue de Shakespeare. C'est ainsi que, parés d'une assurance toute neuve, ils se jettent à l'eau.
Le début du showcase est particulièrement actif de leur côté, et leur bonne humeur est réellement communicative. Leur musique est entraînante et donne envie de bouger. Seulement, la présence des chaises dissuade même les plus téméraires, qui se terrent dans leur timidité – ou leur flemme, selon le point de vue - au lieu de se lever. Il n'en demeure pas moins qu'ils manifestent un réel intérêt pour ces deux jeunes hommes qui chantent en chœur, jouant de la guitare à l'unisson, Jir0 marquant le rythme à l'aide d'un pied de batterie. A la fin de leur deuxième chanson, Tar0 s'adresse au public dans un français plutôt correct. Il s'enquiert de notre état, s'assurant que tout le monde va bien. Il se présente, lui et son frère, et annonce avec un grand sourire qu'il va parfaitement bien et qu'il a « la pêche » ! Jir0 l'imite, scandant « Konnichiwa Marseille ! Est-ce que vous êtes près pour danser avec nous ? » avant de nous demander de taper dans nos mains en rythme. Le prochain titre swinguera ou ne sera pas ! Finalement, l'audience sort de sa torpeur pour participer au show, obéissant volontiers à la requête du jeune frère. Ce dernier nous dévoile alors toutes les facettes de son talent, et la prestation prend une toute autre tournure. Lorsque l'on observe la façon de jouer de Tar0&Jir0, l'on ne peut qu'être impressionné par leur performance. Ils n'utilisent pas de médiators, et produisent un son qui nous fait de suite penser à certains morceaux de MIYAVI. Une évidence, lorsque l'on sait que ces deux là l'admirent, et qu'ils s'en inspirent. Pourtant, leur concept est fort différent de celui de leur modèle, on ne peut donc décemment pas leur reprocher un quelconque copié/collé. Ils ont leur personnalité bien à eux, et évoluent dans un sens qui leur est propre. La qualité de leur musique n'en est donc que plus appréciable.
Malgré le peu de réactivité dont fait preuve l'audience, la suite du showcase se passe relativement bien. On dénote tout de même une fois encore un soucis technique, qui vient interrompre en plein milieu la prestation. Qu'importe, les jeunes gens finissent par s'en sortir, et le reste se déroule sans autre incident notable.

Il est près de 16h15 alors que débute l'ultime prestation de la journée : celle de Keisho OHNO, le maître du shamisen. Il faut savoir que le shamisen est un instrument traditionnel, pouvant faire penser à une petite guitare, ne possédant que trois cordes. On en joue avec un plectre en bois ou en ivoire, appelé bachi – de forme triangulaire, pour Keisho OHNO. Le maître n'est pas seul sur scène, il est accompagné d'un joueur de flûte, d'un tromboniste et d'un joueur de tambourin japonais. La salle est comble, à présent. Et les murmures d'impatience laissent place à un silence respectueux, dès lors que le maître commence à jouer.
Le son de l'instrument, peut commun à nos oreilles occidentales, résonne avec force dans la salle, nous transperçant de son élégante pureté. Les enceintes qui le véhiculent sont cependant réglés un peu trop haut pour les premiers rangs, et le son en devient par moments agressif. Mais cela ne nous empêche pas, au final, de profiter de cet instant privilégié, avec le sentiment de revenir au temps des samouraïs. Les quelques titres interprétés – avouons-le, quelque peu répétitifs, mais franchement relaxant pour l'esprit – achevés, le maître nous annonce que son concert à lieux ce soir à Marseille, et qu'il espère nous y voir.

La première journée s'achève pour notre équipe. Il est l'heure de rentrer se reposer à l'auberge, avant de rattaquer le lendemain.


~ Dimanche 27 Février ~

Cette seconde journée s'annonce similaire à la première, au niveau des showcases. L'exception du jour se matérialise en le nom de Retsugo. En effet, c'est par eux que nous commençons la série de prestations qui auront lieues à la Scène Principale. Comme le groupe est composé de musiciens français, et d'un chanteur japonais, la foule ne fait guère attentions aux allées et venues des artistes qui règlent leurs instruments. Le vocaliste se révélant absent pour le moment, le public reste calme. Il en sera toute autre chose une fois que la prestation aura débutée.
Et effectivement, alors que les artistes se mettent en place, l'apparition de Masaki provoque un élan d'acclamations enthousiastes – malgré, une fois encore, un public quasiment absent. On remarque une nette ressemblance avec un certain Yasu, chanteur de Acid Black Cherry, mais cette similarité s'arrête au physique. Le type de voix de Masaki est clairement différent, et le style de musique aussi. On pourrait facilement le qualifier de heavy metal, de part les sonorités de guitare qui sont jouées, et le chant de Masaki qui vient parfaire l'ensemble. Alors que le groupe est lancé, on apprend que le prochain titre se nomme Lost in my mind. Le rythme devient alors plus soutenu. Les artistes échangent leurs places, Masaki n'hésite pas à s'avancer dangereusement vers le public, posant ses pieds sur le rebord des barrières tremblantes. Il use et abuse de multiples provocations, allant même jusqu'à tenter quelques mini « fan-service » avec les musiciens français qui en rient de bon cœur. Au milieu du show, l'on apprend enfin les noms des différents musiciens : Revo, Seb', Matt, Jean et enfin Masaki. Ce dernier enchaîne avec Feeling you, titre visiblement attendus par les quelques fans placés dans les premiers rangs, qui s'égosillent d'enthousiasme. Le temps défile à une vitesse pharamineuse, et on se laisse volontiers bercer par la douce voix de l'entreprenant chanteur. Ses frasques nous font sourires, et ses tentatives pour nous faire participer également. Alors qu'il tente de nous prodiguer une leçon de japonais, certains se permettent de lancer des mots à la va-vite, tels que des « aishiteru » suraigus. Loin de se démonter, Masaki s'en trouve flatté, et rit allègrement avec nous. Sa séduction naturelle faisant tous le reste, il nous charme de part son aisance vocale et physique.
A la fin de la prestation, Retsugo nous conjure de ne pas oublier de les ajouter sur Facebook – Masaki précisant que lui-aussi en possède un – et que leurs albums sont disponibles à la vente sur leur site internet. Aucun soucis, le message est bien passé. Il est maintenant temps de dire « au revoir », et de laisser place à Galaxy7, pour la seconde fois de ce weekend chargé en musique !

Il est 13h00 lorsque le showcase commence avec The piece of caspule. L'enchaînement des titres se fait quasiment à l'identique de la première prestation, à l'exception près de l'ajout de Super explosions à la set list. Tout se passe pour le mieux, sans soucis notable de son. Le public, plus conséquent qu'hier, se trouve même légèrement plus réactif. Dans l'ensemble, rires et bonheur palpables flottent dans l'air, et chacun y trouve son compte de satisfaction personnelle.

Tar0&Jir0, qui passent cette fois-ci avant le concours de cosplay, n'échappent pas pour autant à la présence gênante des chaises – ce qui n'a pas été le cas pour les autres artistes, rappelons-le. Loin de se laisser démonter par cette amère constations, ils décident de prendre le taureau par les cornes et de tout faire pour que, cette fois-ci, les gens se lèvent. Et effectivement, leur assurance et leur conviction payent : le public s'exécute, sous leur ordre, et passe toute une chanson débout à taper dans ses mains. Les deux frères tentent de nous faire chanter, mais la phrase demandée est trop longue, et difficile à prononcer. Le résultat est mitigé, mais cela n'a pas d'importance. On sent enfin une réelle cohésion entre les artistes et l'auditoire. Ce fait renforce leurs sourires, et nous motive pour montrer que nous sommes là. Cette seconde prestation constitue donc un franc succès pour Tar0&Jir0.

Ces deux jours de convention riches en surprise s'achèvent, et le retour à la réalité devient inévitable. Le lendemain signifie pour beaucoup la reprise du travail, et un adieu définitif à ces deux jours de « Japonisation » intense. Bilan de Japan Expo Sud 3ème vague ? Au niveau musical, les showcases étaient appréciables, malgré quelques soucis techniques. Les artistes ont chacun tentés de se donner à fond, malgré le manque de réactivité de la plupart des visiteurs. On peut sûrement regretter qu'il n'y ai pas eu une ou deux personnalités/groupes de plus, car les prestations se trouvaient inévitablement dédoublées et trop rapprochées dans le temps. Mais, globalement, on en retient de bons souvenirs, et une expérience à refaire, selon les artistes qui feront le déplacement l'année prochaine. Rendez-vous en 2012 ! (et non, la fin du monde c'est pour Décembre... On a encore le temps ^o^).
auteur: kyanMello
dernière mise à jour: 2011-08-25