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Compte-rendu de Manga Party Festival
Date: 2011.11.13
 Convention 
Artiste:   AMWE   Gabriels Stiletto   LOVELESS   DJ SiSeN   TRILL-DAN  
Date of Convention: 2011.04.09
Image © Manga Party Festival
Les 9 et 10 avril derniers se tenait pour la seconde fois le Manga Party Festival (la première édition, nommée Manga Party Awards, ayant eu lieu à l'Olympia le 30 Avril 2009). Revenons donc sur cet événement... plutôt chaotique.

Nous somme le 9 Avril, il est 11h00. Nous sortons de la station de métro Porte de Versailles afin de nous rendre au hall d'exposition destiné à Manga Party Festival (MPF). Première surprise : il est tout simplement introuvable. Et, pour cause, de nombreux événements ont lieu en même temps sur ce terrain. Cependant, chaque hall de chaque salon ou exposition est dûment indiqué... tous, sauf celui de MPF. Nous tournons en rond pendant un bon quart d'heure, voyant de multiples files déjà formées, partant en tout sens, dépourvue de toute logique. Nous tombons d'ailleurs sur une personne, dans le même cas que nous, qui se demande où se trouve l'entrée au milieu de cette anarchie humaine. Nous finissons tout de même par comprendre dans quel hall se tient la convention, et nous parvenons tant bien que mal à slalomer entre les différentes files pour dénicher l'entrée presse. On nous laisse passer sans problème, et nous récupérons nos pass. Nous découvrons alors ce lieu tant recherché. Un immense hall... vide. Seulement la moitié (voir le quart) est occupé par des stands. Et on ne peut pas dire qu'ils aient joué la carte de la diversité. Un Paris Manga, en version ultra miniature.

Nous faisons donc notre tour tranquillement – qui fut tout de même très rapide – avant de nous rendre compte qu'il n'y a pas de salle prévue pour les showcases. Trouvant cela un peu bizarre, nous nous questionnons un instant, avant de nous aventurer dans les étages du hall – il faut préciser qu'aucun panneau n'indiquait la présence d'une quelconque scène – attirées par un bruit de basse. Et nous tombons sur la fameuse scène musicale, en plein milieu de la prestation de AMWE – qui avait déjà pris du retard, l'ouverture au public ayant eu lieu à 12h00. Et du fait de notre non-information, nous avons raté la moitié de son show... La journée commence bien.

Nous avons encore pas mal de temps devant nous avant la prochaine prestation, alors nous décidons d'aller patienter en bas, histoire de se restaurer un peu. Du fait du retard d'ouverture, toutes les prestations sont décalées. Ce n'est qu'aux alentours de 14h que GABRIELS STILETTO fait enfin son apparition sur scène.

Au premier coup d'œil, le groupe a un style plutôt sombre et quelque peu spécial. Formé du styliste et DJ KENZO-A (chant et guitare), de Marcherry (Maru) à la basse, et de Nanka à la batterie, GABRIELS STILETTO promet d'être un groupe des plus particuliers. Et cela se confirme dès les premiers accords. Une ambiance lourde et mystique, une basse bien rythmée et ultra présente, le ton est donné. On se retrouve face à un savant mélange de rigueur militaire et de sonorités gothiques. Un style impossible à définir, en somme. Dès le premier titre, KENZO-A nous encourage à frapper dans nos mains. Le public n'est pas très conséquent, mais il réagit tout de même un peu. Autour de nous, les jeux de lumières qui dévorent la scène ne sont pas des plus réussis. Trop de lumière rouge nous empêche de voir évoluer les artistes dans toute leur splendeur – sans parler du fait qu'elle ne permet pas d'obtenir de bonnes photographies. Niveau communication, le groupe se retrouve un peu enfermé sur lui même. Aucune parole n'est échangée, pas même une tentative de français. Seule la musique demeure, psyché' à souhait. On peut cependant reprocher une manque de présence de la guitare, à moins que ce ne soit à cause d'un mauvais réglage. En parlant de mauvais réglage, nous aurons droit à deux soucis techniques. Tout d'abord avec la basse, puis avec l'ordinateur de KENZO-A – qui assure une mélodie de fond. Dans l'ensemble, la suite du showcase se déroule tout de même bien. Le public bouge un peu plus, et applaudit à son échéance. Même si l'ambiance demeure lourde et quelque peu « badante », personne n'aurait été contre un ou deux titres de plus.

Enfin, il est temps pour nous d'aller interviewer LOVELESS – formé de la chanteuse Nana Kitade et du guitariste Taizo - juste avant son entrée en scène.

Une fois terminé, il ne nous reste plus qu'à attendre la prestation de ce dernier, ce qui ne saurait tarder. Nous retournons donc au live house.

Juste derrière la scène, il faut savoir qu'il y a un écran géant qui indique le nom de l'artiste qui doit se produire. Visiblement, à la place de LOVELESS, on annonce Nina Kitade. Non seulement, ce n'est pas Nina, mais Nana, mais en plus il n'est nullement fait mention du projet commun aux deux artistes.

Les artistes entrent alors en scène, une entrée plutôt calme. Mais ce calme apparent cache une énergie débordante. En effet, Nana, tout de rose vêtue – corset, bloomer et bas de rigueur - se révèle être une diablesse provocante, enchaînant poses sulfureuses et jeux avec le public. Cultivant le thème des vampires, elle arbore de fausses canines ; quelques cierges disposés autour d'un siège d'inspiration baroque accentuent l'ambiance fantastique. « We are LOVELESS » scande t-elle haut et fort, corrigeant ainsi l'erreur de l'écran d'affichage. Le public est réactif : il bouge avec ferveur. Un nouveau soucis vient freiner l'artiste dans son élan : le fil du micro, qui ne la suit pas correctement. Qu'importe, Nana déambule de gauche à droite, s'arrêtant sur le siège placé au milieu de la scène, avant de jouer avec, telle une danseuse de cabaret... pour enfin l'expédier loin d'elle. Nana enchaîne les glissades à terre, et les bonds vers le public : elle ira même jusqu'à se jeter dans la fosse photographe – manquant d'en tuer quelques uns, et de se tuer elle-même – pour aller se dresser sur la barrière métallique qui la sépare du public, s'octroyant alors un bain de foule sécurisé. Elle fera également profiter à ses fans du bouquet de roses qu'on lui avait mit à disposition : une pluie de pétales viendra clore le show, au combien sensuel, de la jeune chanteuse. On regrettera alors la personnalité effacée de son guitariste, qui bien que produisant des sons tout à fait correct, est demeuré fort en retrait comparée à sa collègue.

Il est près de 18h maintenant, et la dernière prestation reste celle de DJ SiSeN, prévue pour 21h30. Ne sachant que faire jusque là, nous patientons sagement dans l'espace presse. Nous nous restaurons tranquillement, et nous apprenons que le show aura finalement lieu aux alentours de 20h. Nous quittons donc l'espace pour retourner au live house. Peu de gens sont restés pour le DJ, on observe une majorité évidente d'adolescents cyber. Nous n'attendrons que peu de temps avant le début de la prestation : DJ SiSeN est près, et à l'heure. Dehors, il fait presque nuit, la salle est donc plongée dans l'obscurité, baignée par les lueurs des spots verts, violets, et jaunes, s'accordant avec la musique qui vrombis. Une musique forte, industrielle, plannante, qui vous transporte au delà du réel. Les mixs de SiSeN sont des reprises d'artistes electro-indus, tels que Combichrist et Noisuf-X. Les écouter de cette façon est un vrai régal. Même si nous sommes en petit comité, chacun finit par se déhancher au fil du son. Même les techniciens s'y mettent, et l'ambiance est bon enfant. On se croit à la Tôkyô Decadance, l'espace de trois quart d'heure. Ce laps de temps achevé, on en voudrait encore. Mais il est temps pour tous de ranger le matériel, avant de clore ce premier jour de festival.


Le lendemain, dimanche 10 Avril, nous débutons avec l'interview de Közi et de ses musiciens. La suite de notre périple constitue la prestation de Yume Duo, aux alentours de midi. Deux jeunes hommes, l'un au piano, l'autre au violon, reprennent les plus grands thèmes d'anime et de jeux vidéo. Nous auront ainsi droit aux mélodies de Fullmetal Alchemist, Final Fantasy, et le célèbre thème de Mario. Leur prestation émouvant et tout en finesse, constitue l'un des moments de grâce de ce festival. Il adoucie quelques peu l'ambiance générale, plus rock que pop.

En parlant de rock, c'est le groupe TRILL-DAN qui enchaîne, en début d'après-midi. Juan, Maru et Giva sont tout simplement...déchaînés ! Ils sont animés d'une pêche à toute épreuve, et le public le leur rend bien. La voix reste cependant juste, et le volume de la guitare est – comme souvent – trop haut. La musique en devient assourdissante, par moment. Malgré une prestation intéressante et pleine de fougue, les accords restent très répétitifs, et un chouïa lassant. On prend tout de même du plaisir à les regarder jouer, et on rit de bon cœur lorsqu'ils lancent en français « J'aime le camembert et le saucisson » ! Ils nous annoncent également qu'ils ont enregistré leur nouvel album en France, et nous font profiter de l'une de leur dernière chansons. De leur passage, on retiendra également le petit discours sur le Tsunami : un moment fort en émotion.

L'après-midi est alors marquée par le concert de charité en faveur des sinistrés du Japon. Un concert qui devait réunir un panel d'artistes français, mêlés aux artistes japonais. Sur la totalité des noms qui ont été annoncés, seul un nombre restreint d'artistes était véritablement présent. On retiendra entre autre Dax Riders, TIF, Kenzah Farah, Laszlo Jones, Gary Fico et Jessy Matador. Les balances sont globalement bonnes, mais on sent que l'ambiance n'y est pas. Le public ne semble pas intéressé par les styles musicaux des artistes qui ont fait le déplacement. Il faut croire que l'ouverture d'esprit n'est pas la plus grande qualité des amateurs de J-music. On ne peut cependant pas les blâmer : à choisir, il aurait mieux valut sélectionner les artistes en fonction de leur attractivité potentielle sur ce public spécial.

Le concert n'aura duré en tout et pour tout que 45 minutes – une déception certaine se lit sur le visage des spectateurs. Il faut alors laisser place à de nouvelles balances, pour préparer l'arrivée de l'ultime show de ce festival : Közi feat Miyu. Une demi-heure se révèlera nécessaire pour tout installer. Ensuite, place au live !

Une fois de plus, l'éclairage est rouge... On discerne mal les artistes, sous ces lueurs qui les flouent. Le son de la guitare est encore une fois trop fort, et c'est vraiment dommage, car l'on entend, par la même occasion, très mal la voix de Közi. Les artistes sont cependant dynamiques, électrisants. Le public bouge peu, mais acclame fort : l'on peut alors mesurer la renommée du guitariste.
Miyu n'apparaît qu'au bout du 6ème morceau. Une atmosphère très spéciale prend alors place. La jeune femme est vêtue telle une danseuse de cabaret – en lien direct avec son propre groupe. Sa voix est d'un timbre particulièrement spécial, mais pas désagréable pour autant. En duo avec Közi, on n'entend plus qu'elle. Le son de la basse est très lourd, très présent lui aussi ; la guitare s'atténue alors. Miyu déambule sur la scène, prenant des poses plus aguichantes les unes que les autres. Elle crâne ouvertement, orgueilleuse à souhait. On ne devrait avoir d'yeux que pour elle, et à la longue, cela devient agaçant. Son jeux de scène est peut être un peu trop poussé... à moins que ce ne soit ancré dans sa personnalité. Le show s'achève au bout d'une dizaine de titre, des applaudissements retentissant de toute part. On aura même droit à un rappel, pour le plus grand bonheur des fans.

Si l'on résume dans sa globalité, Manga Party Festival fut un événement pour le moins intéressant. Les invités l'étaient, tout comme l'idée d'un concert de charité en faveur du Japon. Le soucis majeur de la manifestation réside en son organisation défaillante. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte, la première relevant de l'orientation à l'extérieur du hall, et à l'intérieur. On notera également le manque d'information au niveau des heures d'interview, des confusions générales, des retards, des erreurs d'écritures, et surtout un mensonge concernant les artistes qui devaient être présents au concert de charité. Ce qui relève ensuite des erreurs techniques et des balances défectueuses, c'est un fait commun à tous ces genres de manifestation. Manga Party Festival est donc un événement qui peut encore s'améliorer sur tout son plan fonctionnel. Cette édition n'était pas catastrophique, mais elle était loin d'être satisfaisante, tant au niveau du public qu'au niveau des médias. Des commentaires à prendre en note pour les éditions futures qui, nous en sommes sûrs, se révéleront bien meilleures que cette dernière.
auteur: kyanMello
dernière mise à jour: 2011-12-02