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KAMIJO en concert à Marseille
Date: 2015.04.01
 Concert 
Artiste:   KAMIJO   Versailles Philharmonic Quintet   LAREINE  
 
Vive le roi ! Le sept mars à Marseille, dans une salle exiguë nommée le Poste à Galène, le sieur KAMIJO (ex chanteur) de Versailles nous a offert, pour ses vingt ans de carrière, une véritable révolution, et ce malgré le peu de fans qui s\'étaient déplacés pour l\'occasion. La salle n\'accueillait en effet ce jour-là que très peu de monde, ce qui s\'explique peut-être par la proximité temporelle de ce concert avec le précédent (juillet 2014), ou bien par le fait qu\'il y ait eu une autre date dans le pays au cours de la même tournée (à Paris) ce qui, évidemment, n\'était pas vraiment pour donner envie aux fans nordiques de voyager jusqu\'en bas de notre douce France. Quoi qu\'il en soit, bien que peu de personnes se soient donné la peine de venir au concert, il n\'en a pas été de mauvaise qualité, simplement un peu mitigé. Explications.

Il y avait pourtant des éléments qui s\'annonçaient perturbateurs, et qui n\'étaient pas vraiment faits pour lui rendre service, à commencer par l\'acoustique de la salle. Tout d\'abord, visiblement, l\'agencement du lieu était un sujet de plaintes récurrent pour les amateurs de concerts qui vivent dans le Sud, et en effet, une portion de mur mal située, même pas fermée (assez étrange…) venait modifier la manière dont le son se diffusait devant la scène. Le site officiel du Poste à Galène promettait pourtant dans sa description de la salle « une qualité technique (son & lumière) excellente », nous avons été servis… S\'il est vrai que la scénographie - tant les jeux de lumière que l\'agencement des éléments sur la scène ou l\'écran positionné à l\'arrière de ladite scène - était irréprochable, on ne peut décidemment pas dire la même chose du son. C\'était ce qu\'on peut appeler une catastrophe. Au début du concert, encore, on ne pouvait pas vraiment distinguer tous les défauts dans le brouhaha saturé qui remplaçait la musique que nous étions venus écouter. La guitare et la batterie couvraient absolument tout le reste (y compris la voix du chanteur qui était pourtant la « star » de ce concert), on entendait une sorte de fond de basse en prêtant vraiment l\'oreille, mais il était vraiment très ardu de dissocier les instruments les uns des autres, et l\'ensemble était, par moment, carrément désagréable. Il a fallu presque deux chansons pour que cela s\'améliore, et heureusement que Masashi (ancien de Versailles, actuellement dans Jupiter, à la basse) et Meku (à la guitare) ont pris l\'initiative de baisser eux-mêmes le volume de leurs instruments, arrangeant encore un peu ce que nos oreilles subissaient. Mieux, vraiment mieux, malgré le gros coup de larsen provoqué par Meku à force de jouer avec le volume de sa guitare. Ce n\'était pas sa faute si le matériel n\'était pas bien réglé, non plus… A partir de ce moment-là, on entendait finalement mieux, ce qui ne veut pas dire que la balance ou le son sont devenus irréprochables. L\'ampli qui se trouvait du côté droit (pour nous, donc à gauche de la scène) se coupait de temps en temps pendant la diffusion des petits films qui résumaient la carrière de KAMIJO. Plus aucun son n\'en sortait alors, littéralement. Tant pis pour nous autres spectateurs du côté droit de la salle, nous n\'avions qu\'à tendre l\'oreille pour tâcher d\'entendre ce qui sortait de l\'autre amplificateur. Les défauts de la balance se sont fait sentir tout au long du concert quasiment sans interruption, et c\'est sans mentionner les difficultés de KAMIJO avec son micro qui s\'éteignait de temps à autre sans raison, et dans lequel il était forcé de chanter très au milieu, car s\'il le tournait même légèrement sur le côté, ou s\'il penchait la tête pour donner un effet théâtral, on n\'entendait plus rien ; et s\'il chantait un peu trop fort, l\'ensemble de l\'équipement de son grésillait désagréablement – ce qu\'il a dû entendre en retour comme on l\'a entendu en façade, car il a pris rapidement l\'habitude d\'éloigner son micro lorsqu\'il tenait de longues notes puissantes. Bref, le son, n\'était vraiment pas bon, mais cela n\'a été qu\'un désagrément mineur, lorsque l\'ensemble du show a, en réalité, été vraiment excellent. On ajoute que les petits « films » résumant la carrière de KAMIJO diffusés lorsque les musiciens quittaient la scène ne coupaient en rien le rythme du concert, car des chansons des anciens groupes de KAMIJO mais également de sa carrière solo formaient la bande sonore des films, et que cela amenait la foule à entonner les paroles qu\'elle connaissait par cœur et à bouger en tous sens, sans perdre la chaleur accumulée tandis que les musiciens étaient encore en action. Bien agencés, donc, et bien situés dans le concert. Enfin, mention spéciale pour les musiciens de session bien choisis, très talentueux tous les trois. Meku avait déjà été présent au concert de Juillet 2014, et il s\'était déjà, à ce moment-là, fait remarquer pour son talent. On aurait souhaité qu\'il tombe le voile de timidité un tout petit peu plus vite, peut-être, cette fois-ci, car s\'il s\'était impliqué plus rapidement comme il l\'a été à la fin du show, cela n\'aurait été que du bonheur. C\'est aussi un manque d\'implication que l\'on reprochera à Naoshi, le batteur. Cela ne doit pas être simple de jouer en tant que musicien de session et de devoir rester discret derrière l\'artiste principal, certes, mais si les fans hurlent votre nom, vous avez aussi le droit de faire un signe. Ou de rester saluer un peu plus longtemps. Aucun reproche particulier à faire à Masashi, égal à lui-même, presque de marbre, dans son coin de la scène, à part lorsque finalement la tentation se fait trop forte et qu\'un petit mouvement de sourcils ou un petit sourire en coin s\'échappe à cause des bêtises de KAMIJO, et comme involontairement. C\'est mignon, on adhère, même si le bassiste fait un peu office de présence ténébreuse et revêche la plupart du temps. Ce doit être sa personnalité, qui sommes-nous pour juger… Ah, et nos plus sincères félicitations à Meku qui a fait une incroyable performance sur la chanson Ascendead Master (une chanson de Versailles) en jouant à la fois les parties de guitare de Hizaki et celles de Teru, durant le solo. Chapeau bas, monsieur, ça c\'était du travail de maître. Nous pouvons désormais revenir sur les moments forts du concert, à travers la setlist.

Durant la dernière chanson avant la toute première coupure, Moulin Rouge, une chanson issue de la carrière solo de KAMIJO, nous pouvons constater à quel point il est aisé pour lui d\'entraîner la foule. Il n\'y a peut-être pas grand-monde dans la salle, mais tout le monde le suit joyeusement, et les fans qui connaissent les chansons par cœur se laissent entraîner par le chanteur, levant les bras en rythme, tapant des mains et bougeant dans tous les sens. Cela fait plaisir à voir et l\'on ne ressent pas vraiment le vide cruel au fond de la salle de concert. C\'est aussi à cela que l\'on reconnaît le côté très show-man de KAMIJO, que l\'on peut le constater et l\'apprécier : il sait ce qu\'il fait, son charisme irradie et il emmène la foule avec lui sans problème apparent. En plus de cela, il se comporte de manière très ouverte, blague sans vergogne (même avec la foule), esquisse quelques pas de fanservice (avec Masashi (évidemment) et avec Meku), bref, il connaît la chanson, et c\'est assez agréable à constater. Après la pause, vient Shout and bites, une chanson de Versailles qui déchaîne la foule qui connaît les paroles par cœur. Tout le monde bouge et chante en rythme, encore une fois. Les fans sont vraiment ensemble, emportés par la même énergie, donnée par KAMIJO, justement, qui emmène tout le monde avec lui. On suppose que cela aide justement Meku à se détendre un peu. Suit Métamorphose, une chanson de LAREINE à laquelle il fallait s\'attendre car, comme Fiançailles, elle a été réenregistrée récemment, puis Ano hito no aishita hito nara, une ballade issue de l\'album Ballad du même groupe, contenant uniquement des chansons de LAREINE réenregistrées par KAMIJO dans la dernière année d\'existence du groupe, avec seulement piano et voix. L\'émotion s\'empare de la foule et des larmes sont versées çà et là, la performance vocale est notable car l\'artiste est seul sur la scène cette fois, et que, donc, on n\'entend que lui, sur la bande sonore. C\'est une bonne surprise que d\'entendre cette chanson. Quelques chansons plus loin, Bastille, de la carrière solo de KAMIJO, qui fonctionne très bien en live, de même que Death parade et Dying-table - mention spéciale pour cette dernière, vraiment remarquable. Entre les chansons, KAMIJO plaisante et prend le public à témoin, en s\'essayant à quelques mots de français, d\'anglais et de japonais, son attitude ouverte et enjouée est vraiment agréable, on sent que la proximité avec son public lui tient vraiment à cœur. Encore une pause avant Fiançailles, donc, de LAREINE, mais également Ascendead Master de Versailles (Meku, chapeau bas, nous en avons parlé plus haut déjà), et finalement Louis – Enketsu no La vie en rose, premier single de la carrière solo de KAMIJO, très attendue, dont les fans connaissent, une fois encore, les paroles par cœur. Une dernière coupure avant que deux chansons de Versailles très rythmées et très rock, MASQUERADE et Aristocrat\'s symphony ne viennent mettre un point final au concert.

Un concert, donc, riche en émotions et en transpiration, donné par un véritable show-man de grande envergure. Ce n\'est pas pour rien que cela fait vingt ans que KAMIJO est sur la scène visual kei, et qu\'il ne s\'en est jamais fait évincer de quelque manière que ce soit. L\'homme sait visiblement rebondir, et se renouveler tout en gardant cet univers qui fait sa particularité, peuplé de roses immortelles et de vampires séduisants, et patinée par des looks résolument rococo qui lui vont à ravir. Des problèmes techniques, donc, et une salle pas vraiment adéquate, certes, mais des musiciens de session bien choisis et talentueux, un artiste impliqué auprès de son public et n\'hésitant pas à donner de sa personne, une scénographie superbe, de bons souvenirs ravivés avec les chansons de Versailles et LAREINE interprétées et les petits films diffusés, un public peut-être peu fourni mais très impliqué également dans le concert, qui connait les chansons par cœur et bouge lorsqu\'il faut bouger – et même un peu lorsqu\'il ne le faut pas, bref, un show réussi, à n\'en point douter.
auteur: Arisu
dernière mise à jour: 2015-04-01