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Perfume tente de nous conquérir avec COSMIC EXPLORER
Date: 2016.04.27
 CD 
Artiste:   Perfume  
Date of Release: 2016.04.06
Perfume, qui va prochainement entamer sa tournée américaine dans le nord du continent, a sorti récemment un nouvel album, COSMIC EXPLORER, le 6 avril dernier. Le trio n’avait pas sorti d’album depuis Level3 il y a 3 ans et avait enchaîné les singles. On regrette aussi que seuls 5 titres soient inédits sur l’album (cosmic explorer, miracle worker, next stage with you, story et baby face en plus de l’intro, navigation) et que ce choix ait été aussi fait dans la disposition de l’album : mettre les singles les uns après les autres, ce qui ne le dessert pas, et encore moins leur version remixée même si certaines nouvelles versions s’en sortent mieux que d’autres, comme Flash à l’instar de Cling Cling et sa version originale. Autre surprise aussi, celle de l’absence du titre Koi wa zenki shisei (issu du Sweet Refrain) qui méritait amplement sa place dans l’album. Seuls deux titres sortent un peu de l’ordinaire : COSMIC EXPLORER et Baby Face. Le premier marque clairement son univers spatial, milky way appuyé par un son robot-pop, transcendantal et ses voix lumineuses, galactiques telles des étoiles dans le ciel (en canon lors du refrain, lointaines mais claires). La chanson est parfaitement représentative de ce voyage spatial, un moment magique, puissant, saisissant retranscrit par la musique un brin funky (guitare), catchy (background pop-space et dark house) des années 80. Ce titre semble plus mature que d’habitude et est assez inattendu de la part du groupe. On aime aussi le solo final avec la sublime voix d’A-chan qui termine parfaitement ce morceau interstellaire. Il est aussi dans la continuité de l’intro, Navigation, qui surfe également avec ce même thème, cette même mélodie avec cette atmosphère cosmique et la sonorité d’un jeu vidéo.
L’autre, Baby Face, qui apparaît au milieu de l’album, ressemble plus à un «summer hit» avec son côté mignon, joyeux, rythmé (dance & upbeat) qui casse un peu la monotonie installée par les chansons calmes précédentes. Les claps, le flow (variable) et le synthé apportent un peu d’équilibre au morceau et les arrangements musicaux sont les meilleurs de l’album.

En ce qui concerne les nouvelles chansons, seule STORY nous déçoit beaucoup. Les ¾ du morceau sont instrumentaux, tout est étouffé par le dubstep et le son sonne trop artificiel, mécanique, industriel pour qu’on l’apprécie vraiment. Le chant soft des filles passe complètement inaperçu face à cette marée de son électro, cette piste de club qui ne correspond pas du tout à Perfume !

Les autres comme Miracle Worker et Next stage with you (thème de la publicité Mercedez Benz) collent parfaitement à l’album avec leur son d’inspiration occidentale et la touche de synthé qui apporte une certaine fraîcheur aux morceaux. Surtout la musique du second titre, un peu plus tirée du disco que de l’EDM.

L’influence EDM ce fait encore plus forte sur cet album notamment lors de remix des singles, malheureusement tous les changements ne sont pas bénéfiques pour l’album, à l’exemple de Sweet Refrain où les dubstep gâchent un peu la mélodie même si le remix apporte une nouvelle dimension à la chanson, ou encore Relax in the City, même si son côté calme nous rappelle un peu Kasuka na Kaori 2.0, elle perd son charme après plusieurs écoutes à cause de sa mélodie trop EDM et de sa position dans l’album (trop de chansons calmes qui se suivent). Mais la pire reste Cling Cling qui casse beaucoup trop le rythme de la chanson. Même si cela se veut expérimental, on zappe immédiatement ce morceau qui est un peu trop brouillon et lassant à mon gout. D’autres s’en sortent plutôt bien comme Flash (thème du film live action de Chihayafuru) et Pick me Up. Leurs réarrangements enrichissent les mélodies et leur donnent plus d’énergie même s’il manque encore un petit quelque chose pour les apprécier pleinement. Pick me up nous fait également penser à une mélodie d’Avicii. La seule qui nous laisse de marbre au niveau des changements est Tokimeki Lights où ceux-ci sont quasiment imperceptibles.

Un autre choix attire notre attention, celui d’Hold your hand comme titre final. Un choix inapproprié pour cet album. On aurait plutôt vu Star Train avec son air mélancolique, touchant, en parfaite harmonie avec ces voix qui nous transportent, qui nous captivent contrairement à ce titre qui ne représente en rien Perfume avec ce tempo lent qui ralentit les couplets et cette ressemblance à une mélodie de Kyary Pamyu Pamyu qui est assez déconcertante.


Yasutaka Nakata s’est un peu relâché pour cet album (et ses derniers temps) et nous offre des titres trop semblables, trop mornes pour faire de COSMIC EXPLORER un album hors du commun qui représente bien le trio PERFUME. Il semble avoir fait de même avec ses autres artistes tels que Kyary Pamyu Pamyu. Ces chansons manquent de profondeur, d’émotions et trop peu nous poussent à l’écouter en boucle comme on l’aurait fait avec leur précédent album. COSMIC EXPLORER est plus un album aux sonorités house/dance que techno/pop, la marque habituelle du groupe. La disposition des chansons est aussi un frein à sa complète jouissance, mettre les singles l’un à la suite de l’autre semble être un choix fait à la va-vite, selon leur date de sortie. On regrette qu’un grand groupe comme Perfume sorte un tel album, surtout après 3 ans d’attente, et qu'il soit aussi décevant et inachevé. On souhaite que le groupe ait un meilleur accueil pour sa prochaine sortie tel qu’il en avait à ses débuts, d'autant plus qu'il le mérite surtout après plus de 15 ans d’activité.
auteur: mai62
dernière mise à jour: 2016-04-29