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Utada Hikaru célèbre dignement son comeback avec Fantôme!!
Date: 2016.10.25
 CD 
Artiste:   Utada Hikaru  
Date of Release: 2016.09.28
Cette année 2016, marquée le grand retour de la chanteuse Utada Hikaru après plus de 5 ans d’absence dont 8 ans sans un album japonais.

La chanteuse avait sortit avant son grand retour deux singles (Hanataba no Kimi ni et Manatsu no Tooriame) avant d’annoncer son album, Fantôme, sorti le 28 septembre dernier. C’est un comeback assez inattendu de la part d’Utada Hikaru avec un tout nouveau style (délaissant tout ce qu’elle a pu faire jusqu’à présent : R&B, pop, electro,…) et où elle y met tout son cœur et toute son âme, en clair un album beaucoup plus personnel, intime rendu poétique grâce à la beauté de ma voix d’Utada Hikaru.

Cet album marque une nouvelle page de la chanteuse et retrace toutes les difficultés, les moments douloureux et heureux que la chanteuse a dû traverser, affronté durant ces 5 années (le suicide de sa mère en 2013, son mariage avec un italien en 2014, la naissance de son fils en juillet 2015, des années de recul loin des médias, fans etc). On ressent toutes ces émotions dans cet album plus mature, plus soigné, travaillé, authentique et qui, dit-on est une sorte d’hommage à sa défunte mère, Keiko Fuji, chanteuse d’enka.

La chanson qui marque bien cet état d’esprit c’est Michi, une chanson dont l’ambiance nous rappel un peu Heart Station (2008) : une upbeat song avec un piano accrocheur et de lourds refrains. Un titre plus mature qui nous montre son nouveau style à la musique nuancée mais déchirante. Des paroles introspectives, poignantes avec les souvenirs encrés de sa mère : « …. Tu es chaque chanson». Mais un brin optimiste : «c’est une route isolée, mais je ne suis pas seule.»

Une autre fait encore référence à sa mère : Ningyo ou l’appel de la sirène. «i saw a mermaid heading toward the open sea… i felt that a could meet you… still unable to return home.» Un morceau qui retient toute notre attention avec sa harpe, son rythme lent, serein et toute cette grâce poétique qui nous capture avec la voix mélancolique et transpirante de larmes d’Utada Hikaru. Elle l’a écrite juste après la mort de sa mère ne se pensant plus capable d’écrire de la musique à l’avenir.

Et pour finir la dernière de l’album : Sakura Nagashi, thème du film Evangelion 3.0 You can (not) Redo composé et arrangé avec Paul Carter dont la grammaire ici fait référence à la tradition des «Tôrô Nagashi» (les lanternes flottantes), une cérémonie qui honore la mort. Utada Hikaru y parle une dernière fois de sa mère:«i can’t believe i ‘ll never see you again, i still managed to tell you anything!», mais aussi de son petit-fils qu’elle ne connaîtra jamais : "if you were to hear the healthy first cry… you’d surely be overjoyed”. Un des meilleurs titres de la chanteuse, déchirant mais plein d’espoir, voir même un chef-d’œuvre avec des instruments qui donnent la chair de poule dans une ambiance mélancolique et une performance incroyable de la part d’Hikki. Un titre qui clôt magnifiquement cet album !


Une chanson dénote un peu dans cet album très personnel : Tomodachi avec Nariaki Obukuro (Tokyo Recordings). Un morceau non-conventionnel au Japon qui parle des sentiments à sens unique d’un homme gay envers son ami hétéro. Une mélodie à l’air R&B, léger et aux accords acoustiques qui reste néanmoins accrocheur.

Mais une autre peu paraître hors concours : son duo avec KOHH, Boukyaku, tiré de la courte histoire de 1940 d’Osamu Dazai, «RUN, Melos». Un choix audacieux de la part de la chanteuse qui pour moi paye bien. Le résultat est magnifique avec ce contraste étonnant entre les deux artistes, ces paroles douloureuses et ouvertes qui expriment une certaine amertume de la réalité. C’est pour moi le titre le plus sombre de l’album et l’un des plus réussit !

Elle s’inspire d’une autre œuvre, le roman Der Steppenwolf d’Hermann Hesse datant du 20ème siècle avec la chanson, Kouya no Ookami, qui parle des multiples personnalités d’une personne. Un morceau coup de poing après un titre dramatique, Manatsu no Tooriane même si le chant reste assez sinistre. Une avalanche de sons électro, beats, cordes, …. qui rappellent un peu la musique des années 80.


Utada Hikaru nous montre à travers : Manatsu no Tooriane ce qu’elle a du traverser durant cette période, ce hiatus. Une belle et déchirante chanson («how soon will it be before i cease being sad ? … teach me of the proper way to say farewell…»), empli d’émotions (tristesse, solitude,…) et une touche sinistre ("the shadows of those who’ve come to see us off…”) avec ce piano qui nous fait penser à des battements de cœur. Une performance crève-cœur de la part d’Utada Hikaru . Un titre utilisé comme ending thème pour NEWS ZERO.


Utada Hikaru raconte aussi son éloignement pendant toutes ses années avec: Nijikan Dake no Vacance en duo avec Ringo Sheena où elle tente d’échapper à la réalité : «nobody even wants to hear the next chapter of a fairy tail». Deux chanteuses en symbiose qui rendent ce titre très fort avec un ton léger, un brin obscur : «vacations for just 2 hours always end just as the good part… oh this greed will be the death of me». Une guitare nostalgique, un air pop, une mélodie nuancée font de ce titre, de ce désir d’échapper à la routine quotidienne, un morceau accrocheur et harmonieux.


Elle parle aussi beaucoup de sa vie privée, d’une vie de couple.
Ore no Kanojo: un titre qui nous montre le nouveau style d’Hikki dont les paroles sont assez intimes, qui reflètent certaines pensées. Une mélodie qui monte crescendo avec un son jazzy, sa ligne de basse et son électro subtile qui peut nous rappeler Björk. Elle y chante d’ailleurs en français avec une voix sensuelle, lisse et qui se termine magnifiquement avec cette fin dramatique.

Hanataba wo Kimi ni: elle nous parle peut-être de son mariage «today i give to you a bouquet, one the color of tears» qui s’est déroulé en Italie (elle a épousé un barman italien), un an après le décès de sa mère. Une ballade mélancolique aidée par des instruments lumineux et des refrains accrocheurs qui restent en tête. Un titre utilisé comme opening pour le drama Toto Nee-chan.

Et pour finir, le titre le plus joyeux de l’album : Jinsei Saikou no Hi. Un morceau simple mais efficace qui nous apporte un peu de réconfort : «if one inch ahead there’s darkness, then 2 inch ahead, there’s a bright future… that’s life.» Une mélodie portée par ses percussions rapides, son ton chaleureux, joyeux et optimiste.


Fantôme est un album qui nous montre la nouvelle Utada Hikaru et se malgré toutes les étapes difficiles qu’elle a du franchir pour son comeback. Elle avait préparé ses fans avec deux singles digitaux et a réussi à créer la surprise avec cet album avec notamment un duo surprenant avec KOHH et des paroles introspectives qui ont émues, touchés beaucoup de fans. Une chanteuse au sommet de son art avec cet album, Fantôme !
auteur: mai62
dernière mise à jour: 2016-11-09